Tribune libre du bulletin municipal janvier 2009

SENIORS : nouvelles réalités, nouveaux enjeux

De profondes mutations sociales et économiques, enrichies par l’allongement de la durée de vie, déterminent de nouveaux enjeux auxquels les collectivités locales doivent répondre désormais. C’est pourquoi, la formule globale de « 3è âge » doit être révisée et remplacée par une nouvelle approche de la pluralité des publics concernés.

· Un constat démographique révélateur d’une diversité des attentes et des besoins

En premier lieu, l’arrivée de « jeunes seniors » nouvellement retraités amène les traditionnels clubs d’anciens (l’appellation d’« Aînés Ruraux » est-elle encore bien adéquate ?) à reconsidérer les activités proposées, afin de pouvoir capter une « clientèle » aux attentes différentes.
La multiplication des groupes de « retraite sportive » ainsi que l’audience croissante d’associations aux programmes plus diversifiés (telles que l’ORPAL) modifient considérablement les critères de choix et d’attractivité.
En second lieu, les mouvements de population auxquels est soumise cette tranche d’âge (exode des anciens vers de plus grandes concentrations urbaines, regroupements familiaux autour des nouvelles générations) sont parfois source de ruptures dans la vie quotidienne, qui exigent de nouvelles modalités d’accueil dans les communes.
Parfois même, on assiste à de véritables disparités entre plusieurs territoires. Ainsi, dans le canton d’Argentré, des communes comme Montflours ou La Chapelle-Anthenaise se vident peu à peu de leurs anciens au profit de jeunes couples attirés par de nouveaux modes de vie, tandis qu’à Louverné et Bonchamp, on continue à noter un nombre élevé d’habitants de plus de 60 ans…

· Des commencements de réponse

A Bonchamp, la mise en place, depuis plusieurs années, d’une structure intergénérationnelle propose d’ores et déjà de multiples rencontres qui sont l’occasion de fructueux échanges entre jeunes et moins jeunes. Tout récemment, le panel d’activités mis à disposition des anciens par le service communal de la Jeunesse et des Sports va dans le même sens.
Dans le même esprit, l’idée d’un « Conseil d’Anciens », mise en avant par l’ancienne liste municipale AGIR ENSEMBLE , entendait contribuer à une meilleure association des personnes âgées aux différents projets de la vie communale.
Pour autant, si l’on veut assurer un maximum d’efficacité et de cohérence à l’ensemble de ces propositions, on doit se donner le temps et les moyens d’évaluer objectivement le degré des attentes.
Une enquête approfondie, permettrait une approche plus rigoureuse de cette nouvelle réalité sociologique.

· Autonomie et dépendance

Sur un autre plan, une commune moderne doit être en capacité de traiter les situations de vulnérabilité physique et de précarité sociale auxquelles sont souvent condamnées les personnes âgées.
Les services d’aide à domicile, relayés par différents réseaux de bénévoles (tel celui engagé dans le portage des repas) doivent être efficacement coordonnés par une politique sociale ambitieuse, soucieuse de faciliter l’intégration des anciens dans la vie communale.
En effet, si l’actuel Foyer-Logement continue à répondre de manière satisfaisante à l’hébergement de personnes autonomes, la commune de Bonchamp doit étudier la perspective d’une future maison de retraite médicalisée, permettant de prendre en charge les besoins de personnes dépendantes.
A cet égard, selon nous, seule une structure municipale, conçue et élaborée par la commune, en adéquation avec les besoins et projets des localités environnantes, permettrait de garder la maîtrise d’une réalisation adaptée à la réalité des besoins de ses habitants.
C’est pourquoi, l’actuel projet annoncé d’un futur établissement pour personnes âgées doit absolument sortir de la stricte opportunité d’une simple opération commerciale, risquant d’apparaître en décalage avec les aspirations et les moyens financiers des personnes candidates à cette forme d’hébergement.
La commune doit donc s’orienter, selon nous, vers une structure de type EHPAD (Etablissement d’Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes) habilitée à l’aide sociale, comme il en existe dans d’autres villes du département.

Pour conclure, c‘est bien à la commune elle-même qu’il revient de conduire l’étude et la réalisation d’une structure d’accueil, échappant aux aléas et ambiguïtés d’une simple opération immobilière.
Dans cette optique, l’outil le mieux adapté reste bien le CCAS, à condition d’en redéfinir la vocation de véritable service social.

Bonchamp-lès-Laval, 2 décembre 2008

Les élus de l’opposition municipale AGIR ENSEMBLE A BONCHAMP :
Michel FERRON, Sylvie EVRARD, Michel GERAULT, Anne-Marie MILLE, Maurice CHAMBRIER, Marie-Claude TOURTELIER

 

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