Jacques-Alexandre Mesnard du Hallay, curé de Bonchamp de 1743 à 1773

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Michel Ferron à l’occasion d’une visite commentée
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La façade est de l’église Saint-Blaise

Notre ami Michel Ferron a eu la bonne idée de faire revivre ce personnage qui a compté dans la vie de notre commune. A partir de recherches initiées par François Rocu, aujourd’hui disparu, et de nombreuses photos, malheureusement publiées en noir et blanc, il publie sa passionnante étude dans le dernier n° de la revue l’ORIBUS (1). Dédicacé à la mémoire du Père Badiche, le texte reprend des éléments et des anecdotes que Michel Ferron raconte, avec passion et culture, lors des visites de l’église, organisées dans le cadre des journées du patrimoine.

 

Jacques-Alexandre Mesnard du Hallay occupe la cure de Bonchamp de 1743 à 1773, à la fin de l’ancien régime donc. Ce fils de notables angevins fortunés possède une forte personnalité. Passionné d’architecture et d’art, il consacre une partie de son patrimoine personnel à l’embellissement de l’église St Blaise. Michel Ferron met bien en évidence que « le niveau exceptionnel de la décoration va bien au-delà de celle qu’on s’attend à rencontrer dans l’église d’une paroisse de 900 habitants ». 

 

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La chaire, richement décorée

La chaire en fer forgé, joyau de l’édifice, est ainsi essentiellement financé par lui. Mais ce chef d’œuvre de ferronnerie, dont l’ornementation fut sans doute réalisé par deux artisans différents, est surtout hautement symbolique : « la chaire est d’abord le lieu où se proclame chaque dimanche, la parole officielle et religieuse ». L’abat-voix prend d’ailleurs « la forme explicite d’une couronne royale ornée d’une fleur de lys ». Pendant la Révolution, la chaire aurait dû être détruite, mais la réaction du Maire de l’époque la sauva : il « objecta fort à propos qu’une fois détruite, la chaire ne pourrait plus lui permettre d’annoncer les décrets officiels du nouveau régime »… 

 

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Les armoiries de Mesnard du Hallay

Michel Ferron n’oublie pas de situer les choix doctrinaux du curé dans le contexte de son époque. « La décoration architecturale offre aux fidèles (souvent illettrés) un ensemble de codes et de symboles leur permettant de s’approprier le message religieux ». Le curé Mesnard du Hallay se réfère clairement au livre de l’Apocalypse, qui marque fortement  les esprits, et ainsi « se fait l’apôtre d’une religion sévère et intransigeante, n’accordant le salut qu’à ceux qui acceptent de se soumettre à sa rigueur et à ses règles ».

Le curé Mesnard du Hallay, au même titre que l’institution ecclésiastique, se montre l’ardent défenseur des intérêts matériels de la paroisse. Selon un de ses anciens serviteurs : « il était emporté par son caractère entier et tranchant et par le soin excessif de conserver ses droits et ceux de ses successeurs ». Un procès pour les dîmes, qu’il augmente, l’opposa à de nombreux fermiers et propriétaires en 1767 et pour plusieurs années. Il dirige les affaires avec une  » fabrique » (conseil paroissial  de notables laïcs chargés de gérer les fonds et les revenus destinés à l’entretien d’une église, le procureur général étant, en 1763, un certain Mathurin Périer !). Certaines réunions regroupent même l’ensemble des paroissiens après la messe dans l’allée centrale du cimetière,

L’histoire paroissiale traverse aussi des événements particuliers. En 1749, une épizootie décime plusieurs troupeaux, et le curé organise une procession à Notre Dame d’Avesnières. Une grande partie des habitants y participent, « tous à jeun, mouillés et bien fatigués » à la fin de la journée, mais « la peste des bêtes à cornes » disparaît. Un « bienfait … reçu par les mérites de la Sainte Vierge », selon le registre tenu par le curé et signé par de nombreux paroissiens.

Dans sa conclusion, Michel Ferron avoue quelques frustrations. L’évocation du long ministère de J.A. Mesnard du Hallay ne lui a pas permis d’approcher complètement la vie quotidienne d’un gros bourg rural mayennais à quelques décennies de la Révolution. « Sur ce terrain, l’Histoire reste à écrire », indique-t-il. Nous ne pouvons que lui souhaiter de persévérer, nous attendons de lire ses prochains articles.

(1)  L’ORIBUS n°97, novembre 2016, 9 € en vente notamment au bar-tabac-presse Le Central ( place de l’église à Bonchamp) et dans les librairies lavalloises. Ce n° publie aussi une étude de Jean Yves Gougeon autour d’ « Ambroise Paré et le Japon », et une recherche de Françoise Marchand sur le « poilu de Garango ».

Billet écrit par

L'équipe de rédaction de l'association

Un commentaire

  1. « L’énigme de Bonchamp : origines et patrimoine médiéval » - Agir ensemble à Bonchamp-lès-Laval

    […] 3    :  Sur les rapports entre le sanctuaire d’Avénières et les débuts de la paroisse de Bonchamp, voir dans L’Oribus n°97 l’article consacré au curé JA Ménard du Hallay, encart p. 43. Un compte rendu est visible là : http://www.agir-bonchamp.fr/jacques-alexandre-mesnard-hallay-cure-de-bonchamp-de-1743-a-1773/ […]

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